Généralement, les photographes ont l'obsession de se renouveler en permanence. Ne pas reproduire ce que l'on a déjà fait. Ce défi constant me semble encore plus difficile à relever dans le domaine du portrait : comment faire différent avec un sujet qui a toujours une tête, deux bras et deux jambes ?!

Lorsque le photographe se retrouve face à son modèle, les deux se mettent en danger : le modèle parce qu'il va affronter le regard de l'autre, le photographe parce qu'il va relever le défi de la création. Et bien sûr, lorsque l'on est en danger, la tentation est grande de se replier sur ce que l'on sait faire, sur ce que l'on a déjà fait. "Dérouler ses classiques" est toujours une posture plus confortable que basculer dans le vide de la création. Un peu comme un écrivain qui, face à la hantise de la page blanche, reprendrait toujours la même histoire, mais avec des personnages différents.